Les Boat-People en France

La plupart des Vietnamiens sont convaincus que dans les pays occidentaux la vie est facile et que tout le monde est riche. C'est seulement lorsqu'ils sont arrivés sur place qu'ils se rendent compte que la vie est difficile.

Rares sont ceux qui savent parler couramment le français. Souvent, il faut tout reprendre à zéro.

Monsieur Cao Van Loc se rappelle de ses premiers moments sur le sol belge : "Je suis arrivé en France avec quelques dollars dans la poche, sans connaître personne, sans aucun contact. On ne sent pas la solidarité entre les gens. C'est chacun pour soi, personne ne vient vous parler. Je savais qu'il faisait froid en Occident, mais ce qui m'a étonné, c'est que les gens aussi sont froids..."

Beaucoup de Vietnamiens n'exercent par le métier qu'ils avaient à l'origine. Certains continuent à exercer leur profession d'avocat, d'ingénieur ou de médecin après avoir recommencé leurs études, mais d'autres doivent accepter de se "déclasser".

Un nombre important de professeurs d'universités, d'intellectuels dont les diplômes n'ont pas été reconnus travaillent dans des domaines qui n'ont rien à voir avec les leurs.

Monsieur Tran Van Duc était médecin au Viêt-Nâm :" Quand je suis arrivé ici, j'ai du refaire mes études car mon diplôme n'était pas reconnu par la Belgique. Ce n'était pas facile sur la plan financier car j'avais peu d'argent. Or, les études sont chères. Pour payer mes études j'ai travaillé dans un restaurant. Je n'avais pas l'habitude de travailler dans ce domaine-là. Mais quand on est réfugié, il faut se contenter de ce qu'on trouve, malgré ses diplomes. Finalement, ce n'était pas une mauvaise expérience car cela m'a permis de comprendre que l'homme est capable de s'adapter à n'importe quelle situation. Grâce à ces années d'efforts, j'ai à la fin obtenu mon diplôme. Maintenant, j'ai une vie plutôt aisée et stable."

Viet Kieu en FrancePour les jeunes, la situation semble meilleure. Arrivés en très bas âge en France, ils recoivent une éducation plus appropriée, que ce soit pour la langue ou pour le choix du métier. "Moi, je suis arrivé ici à l'âge d'1 an, explique le fils de M. Tran, Vinh Quang, c'est comme si j'étais né en France. Pourtant, je reste Vietnamien dans la vie quotidienne. On ne perds pas ses racines. Chez moi, mes parents nous obligent, mes soeurs et moi, à parler systématiquement le vietnamien. Avoir 2 cultures, 2 racines, c'est tout simplement génial."

Les jeunes Vietnamiens comme Vinh Quand, grâce à l'éducation de leurs parents restent toujours attachés à leur pays natal. Par contre, d'autres se sentent aujourd'hui complètement belge et souffrent de vivre comme un étranger. Pour Khoa qui est venu en Belgique à l'âge de 11 ans : "Je ne m'entends pas tellement avec les Vietnamiens. Mes amis sont pour la plupart des Européens. Je me sens Francaise, mais je sais que les gens me regarde toujours comme un étranger. Parfois on se sent déracinés, être Française mais en même temps être Vietnamien." Pour les jeunes comme Khoa, le temps et la distance ont effacé le Viêt-Nâm.

Lire aussi : Boat People : Les causes , La vie d'un Boat-People : la traversée , Boat People : Les camps de réfugiés , Interview d'un Boat-People

Ecrit par Nguyen Nguyen Tuong Vy.

Vos commentaires

Par lénah :
posté le 2010-12-01 11:20:23

Bibliothécaire en section jeunesse, je dois présenter une sélection du Prix des Incorruptibles pour l'année 2010-2011 qui se nomme : Thiên-An ou la Grande Traversée. C'est une fiction-documentaire sur une famille de boat-people réfugiés en France. Même si cette histoire est bien faite, j'ai été très gênée, voire révoltée par le manque quasi total d'informations concernant la colonisation française et la guerre du vietnam. Un enfant ne les connaissant pas, en lisant cette histoire, croira sans doute qu'une fois encore, ce sont les pays du Tiers-Monde qui contiennent tous les méchants et que l'Occident a le beau rôle de salvateur, comme d'habitude. Mon arrière-grand-mère était vietnamienne et ma mère a vécu à Hanoï jusqu'à la défaite de Dien-Ben-Phü. Cependant, en préparant ma présentation, je me suis trouvée honteusement ignare concernant l'histoire du pays de mes ancêtres et j'ai cherché un site pouvant me parler de cette période douloureuse de façon claire et simple. J'ai découvert ce site et j'ai trouvé les articles très bien faits, j'ai tout recopié pour le partager avec ma mère, qui n'en sais pas tellement plus que moi, hélas! Je tenais à vous féliciter et vous remercier pour la clarté de votre exposé.


Par LIVRES.VIETNAM :
posté le 2011-02-13 16:37:00

LA VIE D'UNE "BOAT PEOPLE" Après Hanoï : Les mémoires brouillés d'une princesse vietnamienne http://www.amazon.fr/Apr%C3%A8s-Hano%C3%AF-brouill%C3%A9s-princesse-vietnamienne/dp/2748360435/ref=sr_1_4?s=books&ie=UTF8&qid=1296414323&sr=1-4 De l’Indochine française à la Californie d’aujourd’hui, en passant par ses échappées thaïlandaises, une aristocrate vietnamienne se souvient et se confie à son petit-fils. A quatre-vingt-dix ans, sa mémoire est encore riche, les images indélébiles, les sentiments vifs. Comment participer à la lutte nationaliste lorsqu’on condamne le communisme, de plus lorsqu’on est une femme ? Une authenticité de chaque instant pour un beau portrait de femme, fière et volontaire, qui n’aura de cesse d’affronter les ennemis de son pays : les Français, les Américains, les communistes. Intriguer et jouer en eaux troubles. Survivre et fuir, d’hier à aujourd’hui, d’ici à là-bas. A travers Les Mémoires brouillés d’une princesse vietnamienne, Georges-Claude Guilbert nous livre l’histoire d’un pays plongé en plein chaos, l’histoire de ses victimes, de ses coupables, où rien n’est aussi simple qu’il n’y paraît. Entre envahisseurs et réfugiés, un tourbillon d’âmes égarées nous emporte dans l’effervescence d’une époque troublée, nourrie de violence et de contradictions. http://www.publibook.com/boutique2006/detail-5392-PB.html


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