Interview d'un Boat People : Pham Khac Thich

Monsieur Pham, pourquoi avez-vous quitté le Viêt-Nâm ?

Après la chutte de Saigon, comme des millieurs de Vietnamiens, je fuyais le régime communiste, les privations auxquelles je n'étais pas habitué, la pénurie qui s'étendait dans un pays saigné à blanc... Je partais vers les "paradis occidentaux" dont j'avais entendu parler.

Par quel moyen êtes-vous parti du Vietnam ?

Etant donné que les communistes nous interdisaient de quitter le pays, la seule façon à l'époque de s'en aller était par la voie maritime. Or cela coûtait très cher et c'était très dangereux car on devait affronter de nombreux risques comme par exemple tomber sur des patrouilles vietnamiennes ou encore tomber sur des pirates thaïlandais. Mais bien sûr, la liberté n'a pas de prix !

Comment était votre vie dans les camps de réfugiés en Thaïlande ?

Je pense que ma vie dans les camps peut être illustrée par cette phrase :J'ai quitté l'enfer vietnamien pour le purgatoire thaïlandais.. On était parqué dans des bidonvilles surpeuplés et misérables, et n'avait pratiquement aucun contact avec l'extérieur. Nous découvrions alors des camps d'asile où sévissaient la malnutrition, les maldies, la prostitution, le racket,...

Quelle est la réaction des pays du premier accueil ?

Ces pays ont signalié qu'ils n'étaient pas disposés à accueillir les Boat-People pour toujours et qu'ils ne les acceptaient qu'à titre provisoire et cela à condition qu'ils soient ultérieurement réinstallés en Occident. Sinon, les Boat-People étaient rejettés à la mer.

Et quelle est l'opinion des pays occidentaux ?

Au début, l'Occident était indifférent à cet exode puis c'est seulement en 1979 qu'il a pris consciene du drame et s'est alors engager à proposer des places de réinstallation. Dans les années 80, ces pays abandonnaient la réinstallation générale de tous les Boat-Peoplle car à partir de 86, les fuites n'étaient plus d'ordre politique mais économique. Dès lors, tout ceux qui ne pouvaient prétendre au statut de réfugié politique étaient rapatriés au Vietnam.

Comment a été votre premier contact avec la Belgique ?

Comme tous les Vietnamiens, avant d'arriver en Occident, j'étais sincèrement convaincu qu'ici c'était un "paradis terrestre", que tout le monde était riche et que la vie serait plus facile. Mais on découvre que ce n'est pas le cas quand on ne connait pas la langue, quand son diplome n'est pas reconnu, quand on est seul, ... Néanmoins, mon intégration a été facilitée par l'accueil chaleureux des Belges et je pense que cette intégration n'est pas si difficile quand on prend la peine de connaître les lois, les coutumes, les mentalités et de s'y adapter.

Lire aussi : Boat People : Les causes , La vie d'un Boat-People : la traversée , Boat People : Les camps de réfugiés , Les Boat People en France

Ecrit par Nguyen Nguyen Tuong Vy.

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