Pendant les premiers mois d'occupation du Sud, les Viêt-Cong ne prennent pas encore au sérieux le nombre de fuyards et, en outre, n'ont pas encore eu le temps d'organiser la surveillance de la côte. Ce n'est que plus tard que les Viet-Cong en reprendront le controle. Ceux qui furent repris entrèrent dans un cycle infernal : Prison, camps de rééducation, libération mais sous surveillance permanente et ainsi de suite si la personne ne retrouve pas le "droit chemin".
Ces évasions du pays avaient fait naître tout un système de filières et de combines. Il y avait d'abord les faux organisateurs qui faisaient payer les candidats au départ et les dénonçaient ensuite aux autorités. Il existait par contre de véritables entremetteurs qui payaient les autorités pour qu'ils ferment les yeux. Ainsi, beaucoup de ceux qui fuyaient s'en remettaient à des organisateurs clandestins ; mais pour en profiter, il fallait avoir suffisament d'argent.
Duc, faisait partie de ceux qui ont payé très cher cette évasion :
"Se mettre en relation avec un passeur ne présentait pas de difficultés : il y avait des gens disponibles qui subodoraient le marché frutueux du malheur. Je savais fort bien qu'ils étaient pour une moitié de la racaille qui acceptait l'argent et disparaissaient. Mais nous n'avions pas le choix ! Il ne restait plus qu'à leur faire confiance et de prier pour la protection de Bouddha."
Du printemps à l'automne 1978, la situation de ceux voulant quitter le Viêt-Nâm a pris une tournure particulière. D'une manière semi-officielle puis officielle, les Vietnamiens d'origine chinoise ont été autorisé à partir.
Nguyen Van Loc, ancien fonctionnaire sous l'ancien régime, n'est pas chinois mais il devra faire semblant de l'être car pour les Vietnamiens de souche, c'était le seul moyen pour partir avec une sécurité relative.
"Je me suis inscrit sous un faux nom, en payant on me laissait monter sur un vieux sampan utilisé normalement pour la pêche cotière. C'était terrible, on était si serré les uns contre les autres qu'on étouffait. On n'avait aucune idée de notre destination. Le pilote n'avait pour se diriger qu'un vieux compas et un livre de géographie."
Malheureusement, nous sommes tombés sur des pirates thaïlandais. Ils ont pris à peu près tout ce qui avait échappé aux gardes-côtes vietnamiens.
On a ensuite vogué durant trois semaines en faisant des SOS. Puis, nous avons été recueilis par un bateau commercial australien qui nous a déposé ensuite en Thaïlande. On avait passé quatre semaines sur un beateau alors qu'on avait deux semaines de nourriture."
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Ecrit par Nguyen Nguyen Tuong Vy.Histoire et Guerre du Vietnam
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